Cuisiner frais, entier et varié

Il est devenu bien difficile, voire considéré comme rétrograde ou encore un luxe, de cuisiner frais, entier et varié. Difficile parce que la tendance est au manque de temps pour cuisiner, pourtant le principal allié pour rester en bonne santé. Cuisiner peut prendre du temps, mais ça peut aussi aller vite : quantité de recettes, de techniques et d’astuces peuvent vous faire, au contraire, gagner du temps. Il suffit quelquefois de changer quelques habitudes et autres priorités.

Défions un instant les idées reçues et les résistances au changement, tout en restant réaliste. Vous travaillez toute la journée et après celle-ci, il y a les devoirs, le bain des enfants et tant d’autres choses à faire, alors cuisiner : mission impossible. Vous n’aimez pas cuisiner, sinon sans que ça ne prenne trop de temps ? Alors manger frais, entier et varié : mission impossible. Et si la question du temps et des priorités était quelques instants remise en cause, et si vous réduisiez de 10 minutes une autre activité, pour les récupérer en cuisine ?

Nous vous parlions de recettes, de techniques et d’astuces. En voici quelques-unes pour votre repas du soir. À propos, rappelez-vous l’adage : un petit déjeuner de roi (copieux), un déjeuner de prince (équilibré) et un dîner de mendiant (léger). En effet, si vous avez l’habitude de vous coucher vers 22h, préférez prendre votre repas avant 20h et dîner léger. Mais léger ne veut pas dire maigre, façon une soupe et au lit, au contraire. Voyons cela.

Gagner en efficacité, c’est gagner du temps : saviez-vous que votre système immunitaire se renforce, et avec lui votre vitalité, lorsque vous commencez vos repas par un aliment cru : un légume frais, qu’il soit croqué sur le pouce, râpé ou en salade fera une entrée variée et préparée en deux deux. Pour cela, il vous faut :
– un ou plusieurs légumes frais de saison,
– une râpe 4 côtés en inox, une essoreuse à salade et un petit couteau à légumes,
– de quoi assaisonner : huile végétale seule ou associée, vinaigre, sel, poivre, graines, etc. Vos entrées seront ainsi un jeu d’enfant et top chrono.

Pour le plat principal de votre dîner, vous avez le choix, parmi :
– un légume frais de saison ou surgelé cuit, ou encore en conserve, assaisonné d’un filet d’huile d’olive (par exemple) ou d’une crème végétale agrémentée d’épices ou d’aromates de votre choix,
une protéine. Savez-vous qu’en mangeant un petit poisson gras le soir (en boîte, en tartinable, en salade ou grillé en douceur), vous ferez d’une pierre de coup une cure de jouvence et de minceur. En effet, les oméga-3 contenus dans ces précieuses petites bestioles multiplient les intérêts :
– ils fluidifient vos membranes, ce qui favorise un meilleur échange et une meilleure communication entre vos neurones, parfait pour gagner en réactivité intellectuelle, mais aussi pour favoriser un poids normal,
– ils ont une action anti-inflammatoire, pour aider à la guérison des maladies en -ite (à l’origine d’inflammation),
– ils protègent vos artères et ainsi préviennent les pathologies cardiovasculaires,
– consommés au dîner, ils permettent aux hormones de croissance de s’activer une bonne partie de la nuit en régénérant vos cellules et votre système immunitaire.
Bref, vous serez gagnant.e.s, même en ayant pris le temps de cuisiner.

Et les féculents, me direz-vous. Si ça vous fait envie, mais ils ne sont pas indispensables. Les protéines sont suffisamment satiétogènes et le carburant d’un apport glucidique n’est pas requis puisqu’il sera bientôt l’heure d’aller au lit. À ce propos, la revue scientifique médicale britannique The Lancet nous a appris récemment qu’il pouvait être judicieux de manger des féculents au dîner. En effet, la sécrétion d’insuline ainsi générée favoriserait l’absorption du tryptophane, acide aminé précurseur de la sérotonine (la pédale de frein de la fin de journée, mais aussi et surtout le neurotransmetteur de la bonne humeur et du bien-être), sérotonine qui elle-même est précurseur de la mélatonine (la neuro-hormone du sommeil). Donc manger des féculents permettrait de réduire votre stress en fin de journée et de bien dormir la nuit. Toutefois, pour être dans les clous, il est indiqué de cuire ses féculents al dente, de les préférer complets ou semi-complets et d’en manger en petite quantité. En mangeant entier, c’est-à-dire peu ou pas raffiné, vous gagnez en fibres, en vitamines, minéraux et antioxydants, autrement dit, en vitalité.

Quant au dessert et comme nous vous l’expliquions dans un article antérieur, le sucre, le soir, a trois effets secondaires :
1. Il relance la digestion. Or, en fin de repas, ce n’est pas le moment.
2. Ce sucre, dont l’organisme n’a que faire, ira au dépôt (ventre, fesses ou cuisses) après avoir été transformé en graisse.
3. Il bloque les hormones de croissance. Donc, qui dit sucre au dîner dit vieillissement prématuré. Quel dommage d’anéantir ainsi le travail de vos oméga-3 avalés en entrée, dans votre huile végétale et plus encore dans vos petits poissons gras.
Maintenant, si vous craquez pour un ou deux carreaux de chocolat noir ou une compote sans sucres ajoutés, vous ne prendrez ni du poids ni une ride. Il y a dessert et dessert, et tout dépend surtout de votre dîner dans son ensemble : assurez-vous que l’entrée et le plat soient suffisamment rassasiants pour éviter d’avoir à vous rattraper sur le dessert.

Manger frais, entier et varié peut être bien plus simple qu’il n’y paraît. Encore faut-il y adhérer, y voir un intérêt tant sanitaire que gustatif et surtout y prendre du plaisir.

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